La chute de la maison Usher

La chute de la maison Usher Jean Epstein
1928 | 66' | 35mm | 18i/s | n&b | sil.



La chute de la maison Usher de Jean Epstein, est sans aucun doute la meilleure adaptation de la nouvelle inquiétante d’Edgar Allan Poe, qui conserve ici toute son étrangeté et sa puissance horrifique. Cela même si elle s’inspire par ailleurs d’autres récits fantastiques de l’auteur américain, comme Le portrait ovale, Bérénice, ou Le tombeau de Ligeia.
Le film a pour sujet la malédiction d’une famille. L’héritier, qui est aussi peintre, fait le portrait de sa femme. Mais au cours de sa réalisation, un transfert de vitalité de Madeline au tableau s’effectue, et celle-ci meurt progressivement. C’est à ce moment précis, des « passages » du monde des vivants à celui des morts, que s’attache le réalisateur. Il le matérialise par l’affrontement de la lumière et de l’obscurité, par de subtils mouvements de diaphragmes, donnant à l’oeuvre sa splendeur… crépusculaire.
La qualité plastique de ces « passages » tient aussi à leur fragilité, et aux effets de leur allure. Pour Jean Epstein, « le ralenti apporte réellement un registre nouveau à la dramaturgie. Son pouvoir de séparation des sentiments, de grossissement dramatique, l’infaillibilité dans la désignation des mouvements sincères de l’âme est tel qu’il surclasse évidemment tous les autres modes tragiques actuellement connus » . Le cinéaste en fait d’autant meilleur usage qu’il arrive alors à maturité, et que le film condense une grande part de ses recherches antérieures. Il peut également s’appuyer sur un jeune assistant de talent, en la personne de Luis Buñuel .