Les contingences de la pratique de la cinématographie (lourdeur de la caméra, éclairage, difficulté du gros plan sans transformer la situation devant l’objectif, prisme de l’opérateur et du monteur …) ne cessant de mettre ses théories en contradiction, Dziga Vertov abandonnait progressivement à cette époque les fondements du « Kino Pravda », où l’opérateur et le monteur devaient s’effacer devant le principe de « la vie saisie à l’improviste ».
Il se tournait alors plus raisonnablement vers le « Kino Glaz » (Cinéma de l’œil), où il pouvait relativiser la toute puissance du réel, et assumer l’expressivité du cinématographe.
GQ
« Le film L’Homme à la caméra est une dissertation sur le thème « le langage cinématographique à 100°/.». C’est un nouveau pas en avant du groupe du Ciné-œil sur la voie de la pleine séparation du langage du film d’avec le langage du théâtre et celui de la littérature ».
Dziga Vertov
« Si dans L’homme à la caméra c’est le moyen qui saute aux yeux et non la fin, la raison en est claire : le film se donnait pour tâche de divulguer les moyens au lieu de les dissimuler comme on le fait normalement dans les autres films. Puisque l’un de ses buts était de faire connaître la grammaire des moyens cinématographiques, il eut été bien étrange que cette grammaire y fût masquée. Quant à la nécessité d’un film de ce genre, c’est une autre question et je la laisse à d’autres. »
Dziga Vertov |