Henri Chomette place sa caméra à la fenêtre d'un métro de Paris et parcourt les tunnels, les stations, les lignes aériennes, les façades des maisons, ou sur une embarcation et le long de la Seine joue avec les ponts comme d'un rythme plus ou moins accéléré. (Outre la technique de l'accéléré, Chomette a coupé dans les intervalles entre les ponts, ce qui les rends de plus en plus proches et le battement de plus en plus rapide.) Il nous offre des visions fugaces où il n'est pas question de s'attarder, où il n'y a pas de temps pour la réflexion. Et de même pour tous les paysages, les objets qu'il met en succession, en juxtaposition, en relation, qu'il verse l'un dans l'autre, qu'il bouleverse.
Prosper Hillairet, « Notes, en vitesse, sur deux films
d'Henri Chomette », in revue Melba, n° 3, avril/mai 1977, Paris |